- Définition de l'agroécologie
- Cultures au Jardin des Frênes
- Projets agroécologiques du Jardin des Frênes
- En résumé

Qu'est-ce que l'agroécologie ?

Dit autrement :

Dit autrement : l'agroécologie est la mise en valeur d'un écosystème, dont les cultures proprement dites ne constituent qu'une partie. Ainsi, mon jardin se compose

Je ne suis donc pas uniquement un jardinier : je gère, j'entretiens, je valorise un écosystème, écosystème qui est typique de notre bocage normand.

Vous trouverez dans mes livres toutes les explications, le pourquoi, le comment.

Les cultures au Jardin des Frênes

De plein champ

Sous serre

Les projets agroécologiques au Jardin des Frênes

Créer un jardin prend du temps, en général plusieurs années. Cela peut nous sembler long, à nous petits êtres sur deux pattes avec une grosse tête, mais pour la Nature, une année vaut une journée. Dès le départ je me suis attelé à utiliser certaines techniques agroécologiques, avec plus ou moins de succès. Ce n'est qu'après quatre années que je suis parvenu à en maîtriser certaines correctement. L'objectif théorique qui couronne tous les autres est l'objectif d'autonomie.

Le terme de "technique" peut sembler plus approprié que "projet". Toutefois, le projet est un ensemble : {objectif théorique + technique + observation + réflexion + ajustement technique + erreur + intuition + compréhension + maîtrise / expérience + imbrication avec les autres projets}. :-) Oui cela peut sembler un peu compliqué, mais pratiquer l'agroécologie est un métier. Rien de ce qui se comprend et se réussit au premier coup n'est un métier ! Il faut 3 ans d'apprentissage, 5 ans de compagnonnage et encore 7 ans pour devenir maître. Soit quinze ans. Ayant démarré mon jardin en 2012, j'entame maintenant ma première année de maître jardinier.

Projet prairie permanente. Gérer une prairie n'a rien d'évident, surtout si on rajoute l'objectif agroécologique de la rendre durable, c'est-à-dire qu'elle ne s'épuise pas afin de produire chaque année une bonne quantité de foin, foin qui sert à pailler les cultures en été et en hiver. L'objectif est atteint, par une combinaison judicieuse de fauchage et de tonte mulch (broyage), à des dates judicieusement choisies.

Projet allées enherbées permanentes.Entre chaque planche de culture j'ai opté pour des allées enherbées. Elles servent aussi à produire de la tonte, encore faut-il que, comme la prairie, le sol ne s'y épuise pas. En alternant tonte "de récolte" et tonte mulching (broyage), l'objectif a été rapidement atteint.

Projet zones tampon. Il s'agit d'intercaler entre les cultures des zones enherbées, non cultivées, où on laisse la Nature s'épanouir. Les criquets et les sauterelles apprécient. Facile à mettre en place, mes zones tampon ont cependant évolué avec le temps. Les orties les ont envahies, que je les fauche une fois ou deux fois par an. Je me suis donc résol à les faucher une fois au printemps puis à les tondre au même rythme que les allées, puis je les ai plantées d'arbustes à BRF (largement espacés).

Projet protection du sol. Il s'agit, autant que possible et en fonction des besoins des cultures, de protéger la terre des excès climatiques (canicule, pluies torrentielles, blizzard et neige). Pour ce faire, une fois la prairie fauchée, le foin est étalé entre les cultures. Parfois avant d'étaler le foin j'étale de la tonte, que je recouvre ensuite de foin. Cet objectif a été rapidement atteint, une fois compris l'épaisseur de foin à mettre, quand le mettre, sur quelle largeur minimum.

Projet compostage. Je composte tous les restes de cultures ainsi que les plantes enlevées lors des désherbages. Je composte également toute la végétation qui pousse dans mon fossé de 120 m de long. Composter demande de la force, du temps et de l'organisation. Mais quelle plaisir de constater la terre ainsi obtenue, qui auparavant était pure matièree végétale ! J'ai atteint cette année seulement l'objectif de faire du compost de qualité et en quantité suffisante.

Projet terreau. Objectif : produire sur place un terreau de qualité, léger et riche, pour faire les semis en plaques. Quelle terre de départ utiliser ? Comment l'améliorer en utilisant la tonte ? Comment conserver le terreau et le préserver des excès climatiques ? Cet automne j'estime que ma méthode de production de terreau sera optimale.

Projet engrais verts. Quels engrais sont adaptés à mon terrain ? Comment les semer ? Quand ? Quels engrais verts après les cultures, avant les cultures, en combinaison avec les cultures ? Objectif : protéger et nourrir le sol. Objectif maîtrisé en 2019.

Projet en cours BRF. J'ai démarré ce projet à l'hiver 2019. Il s'agit d'utiliser du broyat de petites branches pour nourrir le sol des petits fruitiers (mûres, cassis, groseilles, pêchers). L'objectif est de transformer ma haie, aujourd'hui bien triste avec tous ses ormes morts, en une haie productive. J'ai choisi des essences qui repoussent en taillis, adaptées à mon sol et à mon climat. Il s'agira de pouvoir faire tous les ans du BRF, sans épuiser les arbres pour autant. Durée estimée du projet : 2019 - 2024.

Projet en cours plantes vivaces. Dans le verger, au pied de chaque arbre, et tout du long de ma haie ouest j'ai planté de la consoude. Objectif : pouvoir en récolter de grandes quantités, afin de l'étaler au pied des tomates, avant d'y étaler du foin par-dessus. Durée estimée du projet : 2019 - 2024.

Projet en cours semences. L'autonomie passe nécessairement par la production de semences dans le jardin même. Si j'y parviens pour les espèces à reproduction annuelle (haricots, pois et petits pois, fèves, tomates, concombre), je ne suis pas satisfait des graines des bisannuelles (choux, céleris, carottes) ni des graines de salade. Idéalement, les plants doivent rester en place, il ne faut pas les déplanter pour les replanter au printemps. C'est ce que je fais mais ils ont de mauvaises racines et font peu de graines. D'où l'idée d'affecter spécifiquement un espace de culture pour faire de la semence des bisannuelles. À améliorer. À méditer. Laisser l'intuition s'exprimer.

Idées de projets : faire une mare d'environ 4 mètres carré, installer au pied des arbres fruitiers des plantes compagnes qui amélioreraient la santé des arbres, surtout qui les protègeraient des insectes nuisibles.

En résumé

Vous aurez compris que l'agroécologie est un ensemble de techniques qui remplacent pour partie et s'ajoutent aux techniques du jardinage traditionnel. Pailler, faire du compost, semer des engrais verts, gérer allées et prairie prend du temps, au moins deux fois plus de temps qu'en jardinage traditionnel. Et environ trois fois plus de temps qu'en maraîchage biologique optimisé (maraîchage bio intensif sur petite surface cf. Jean-Martin Fortier). Mais en mettant en valeur toutes les composantes de l'écosystème, le jardinier agroécologiste s'endort chaque soir avec la certitude d'avoir fait son maximum pour vivre avec la Nature. Une Nature qui est certes domestiquée, mais pas soumise : une Nature qui continue à s'exprimer et qui sans cesse stimule les émotions, l'intuition, l'imagination et l'intellect du jardinier. L'agroécologie est une aventure, avec ses côtés plaisants et ses côtés rugueux, et je crois qu'elle vaut la peine d'être vécue, même si sa reconnaissance sociale est très faible à ce jour.

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